Dungeon Lords

Certains créateurs de jeux sont des grand malades. Vlaada Chvatil fait partie de ceux là. Le moteur de ce jeu est à la fois subtil et complexe. A la première explication des règles on a le sentiment que Perceval essaie de nous expliquer un jeu du Pays de Galles.

Fort heureusement, nous avions pris la précaution de les lire chacun de son côté avant de s’asseoir autour de la table. Bien nous en a pris, parce qu’elles sont quand même assez touffues Fort heureusement elles sont claires, et l’auteur propose même des séquences de combat prédéfinies afin de se familiariser avec le fonctionnement de ceux-ci. Et c’est très appréciable.

Pour le principe de base, rappelez vous vos soirées donjons et dragons, ces quêtes d’objets sacrés ou magiques cachés dans des lieux improbables gardés par des monstres sanguinaires, prêts à dévorer le moindre aventurier se présentant, animé par ses rêves de gloire.

Mais là, le méchant, c’est vous. Vous êtes le « seigneur du donjon ». (Du souterrain en fait « dungeon » étant un de ces fameux faux amis que nos professeurs d’anglais essayaient de nous faire éviter). Donc le but est de créer un château digne de ce nom, susceptible d’attirer la visite des magiciens, voleurs et autres guerriers. Et bien sûr de le défendre en recrutant des trolls, des vampires, des démons et pleins de bestioles aussi sympathiques qui rappellerons à nos visiteurs qu’un château ce n’est pas un moulin.

Mais pour que ce soit plus drôle, vous ne maîtrisez pas systématiquement les ressources ou les monstres que vous allez pouvoir collecter, ou même leur prix puisque c’est le premier arrivé qui est le premier servi. Mais pas nécessairement le mieux. Et parfois même il n’a rien du tout !!!

Ca a l’air simple comme ça, mais notre ami Vlaada Chvatil a eu une idée aussi tordue que géniale. Rappelons le, c’est vous le méchant de l’histoire. Pourtant il existe dans ce jeu une échelle de « gentillesse » sur laquelle vous allez, à votre gré ou en fonction des circonstances, grimper ou descendre. Et c’est là que ça devient intéressant, puisqu’en fonction de votre position sur cette échelle, vos visiteurs seront plus ou moins balèzes, ou auront plus ou moins de pouvoir. Ou des pouvoirs différents. Et selon les monstres que vous aurez recrutés, il ne faudra pas forcément être le plus gentil… ou le plus méchant… d’autant  qu’à la fin du jeu, le plus méchant marque des points supplémentaires !!!

Quand je vous disais que Vlaada était un grand malade.

Et vous ? Quel genre de seigneur serez vous ? Du genre à lever une armée de gros bourrins prête à affronter les plus puissants guerriers ? Celui qui aura les plus belles salles dans son château ? Ou le plus gentil, celui qui détruira sans coup férir les modestes voyageurs qui oseront se dresser devant lui ?

Quoi qu’il en soit, nous,  on a passé un très bon moment, nos stratégies étaient très différentes. Et les résultats tout autant.

Auteur : Vlaada Chvatil

Editeur : Czech Game Edition

Joueurs : de 2 à 4

Durée : 90 min (plus deux jours pour la règle)

A partir de 12 ans

L’avis d’Hervé : j’aime beaucoup les illustrations de DL, je trouve que la règle avec les différents niveaux de lecture (si c’est le Démon, le Troll qui parle) est très bien rédigée – et traduite. L’idée de faciliter l’appréhension des règles par la pratique (les 4 Donjons d’exemple, et les simulation de combats) est très originale, colle bien à l’esprit du jeu. En tant que joueur j’ai apprécié la difficulté de choisir ses actions (et la frustration de ne pas pouvoir toutes les réaliser…) et le plaisir à résoudre les puzzles que représentent les phases de combat.

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